LE JEÛNE, UNE NOUVELLE MODE ?


Le jeûne a toujours existé dans toutes les civilisations et le monde entier. Que ce soit en raison de disettes, de pratiques religieuses, de recherches de performances physiques, intellectuelles, et de santé.
Depuis le très bon reportage de Thierry Lestrade sur le « jeûne thérapeutique » en 2012, la France connaît une envolée du jeûne.
Cependant, pour le public, certaines peurs et méconnaissances persistent : maigrir et ne plus reprendre son poids (pour les maigres bien sûr), perdre ses muscles, on ne peut pas le faire après 70 ans ni quand on est dépressif.... cancer
Je vais, pour cela, expliquer le fonctionnement du jeûne et les différentes raisons qui pourraient vous donner envie de tenter l’expérience.
Je me base pour cela sur mes propres recherches, ma formation en tant que naturopathe, mon expérience personnelle (+ de 35 jeûnes de 7 jours) et mon accompagnement de plus de 900 jeûneurs depuis 13 ans.
Les naturopathes pratiquent le jeûne au moins depuis les temps d’Hippocrate (430 av. J.-C.) qui constitue une cure de détoxination très efficace.

Comment se pratique-t-il ?

Pour un premier jeûne, je conseille de le faire accompagner par un professionnel afin de bien comprendre son processus et bénéficier de tous ses potentiels.
Pour une plus grande efficacité, l’idéal est de le pratiquer sur 7 jours, en nature, en dehors de chez soi, en faisant de l’exercice physique adapté, en favorisant le travail des émonctoires, en adaptant la réduction alimentaire à chacun, en favorisant le repos mental (⇒ sommeil, respirations, relaxations, connaissance de soi, méditations...).

Quels sont ses effets ?


En moyenne, en Occident, nous mangeons 4 à 5 fois plus que nos besoins. Le jeûne permet de faire des « vidanges », des nettoyages dont le corps a besoin.

Au niveau physique :
« Le jeûne permet à l’organisme d’éliminer nos toxines dans de bonnes conditions, plutôt que d’attendre que le corps provoque une maladie qui nous fasse perdre l’appétit ».
Le 1er jour de jeûne, l’organisme prélève les sucres non utiles de notre corps, le 2e jour, les protéines intestinales et à partir du 3e jour, l’élimination se fait par « autolyse » ou « autorestauration » en prélevant sur les réserves de graisse.
C’est un processus naturel qui existe depuis la nuit des temps chez l’être humain et les animaux. Yvan Le Maho, chercheur au CNRS de Strasbourg, l’a démontré en observant des manchots (voir : le jeûne, une nouvelle thérapie, cité ci-dessus).
Tout être humain peut jeûner en moyenne jusqu’à la consommation de 80 % de ses graisses, sans aucune crainte de carence en vitamines.
Ce qui équivaut à 40 jours pour un homme de 80 kg (100 jours pour un manchot).
Le corps utilise tout ce dont il peut se passer afin de préserver l’intégrité des tissus essentiels. Les choses inutiles et/ou moins essentielles sont sacrifiées en premier lieu.
C’est pourquoi Pierre-Valentin Marchesseau nous rappelait qu’« Il y a en chacun de nous, un médecin prodigieux qui peut accomplir des miracles lorsque nous sommes malades et dont nous oublions, la plupart du temps, de solliciter le concours ».
Les cellules malades sont remplacées par des cellules saines.
Ainsi, une semaine de jeûne bien mené peut corriger ou améliorer, les problèmes d’asthme, d’allergies, d’intolérances, d’hypertension, de cholestérol, de diabète, de douleurs articulaires, de migraines, d’anémies, de kystes, de fibromes et de toute autre maladie chronique.

Au niveau émotionnel
Le jeûne nous apprend à réguler nos appétits alimentaires ou autres attachements, à gagner confiance en nous et en la vie, à apaiser nos défauts psychiques comme la colère, l’envie, la jalousie, la haine.
C’est une des raisons pour lesquelles certains amis souhaiteraient faire jeûner toutes les personnes qui sont « à la tête » d’un pays... Car le jeûne nous rend meilleurs.

Au niveau psychologique
Le jeûne permet d’améliorer notre mémoire, notre lucidité, notre clarté d’esprit.
Il permet de soulager une douleur ou une misère morale (deuil, peines de cœur...), de guérir d’obsessions, de phobies...
Nous comprenons ainsi pourquoi « Le bon sang fait le bon sens » (Jean Chrysostome).

Au niveau existentiel
Le jeûne nous invite à découvrir ce qui est essentiel dans notre vie et à l’intérieur de nous. Il est idéal pour faire le point, se poser, se trouver.
La présence des éléments de la nature (le grand air, le soleil, la vue de la montagne, de la mer, la rencontre avec les animaux...) remplace le vide créé par l’absence de nourriture, et nous invite à être à l’écoute de notre environnement, de nos ressentis.
Nous ressortons du jeûne avec une idée claire de ce que nous souhaitons accomplir dans notre vie et un nouveau dynamisme qui permettra de l’accomplir.

 Et la nutrition ?
Après un jeûne, l’organisme nettoyé pourra mieux utiliser les vitamines, oligoéléments, minéraux que nous lui proposons.
Évidemment, c’est l’occasion de donner des aliments de bonne qualité afin que les cellules puissent assimiler correctement, se revitaliser et se reconstruire avec de bonnes « pierres ».
Jeûner est un excellent moyen pour devenir gourmet plutôt que gourmand. Nous ne fuyons pas la nourriture. Au contraire, après un jeûne bien mené, nous apprécierons une nourriture de qualité et nous serons plus fort pour mettre en place des changements d’habitudes en direction de notre santé et cheminer progressivement vers cette grande vertu qu’est Dame Tempérance.

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Stage de jeûne